Série La Gourdoire

exposition Entrelacs

galerie La Boucherie, Saint Briac

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Vues d’exposition

Rencontre avec Catherine VAN den STEEN

Ghislaine Eonnet Dupuy, directrice de la galerie La Boucherie

 

Le Covid bat son plein! La porte de la galerie est restée ouverte mais une chaise en bloque l’accès puisque les directives sont formelles: pas d’entrée de lieux dits « publics », même masqué! Pourtant, je ne peux concevoir l’idée d’accueillir des visiteurs sur le trottoir et propose donc à un couple visiblement curieux de ce que j’expose, de rentrer dans la galerie.

Dociles, nous gardons nos masques et commençons à parler de çi et de ça. Assez rapidement nous prenons conscience que nous évoluons dans le même monde. L’interdit nous oblige à aller vite, nous ne sommes pas à l’abri d’une ronde de police ou de quelques mouchards…

Elle est artiste peintre et lui journaliste.

Je lui demande à quel endroit se trouve son atelier. Cette question, qui semble d’une grande banalité, j’aime la poser car mon imagination part immédiatement sur le lieu dont on me donne l’adresse, même si je ne le connais pas. Je suis faite ainsi, je voyage beaucoup par procuration! Elle me réponds qu’elle vient d’investir un nouvel atelier dans une petite commune à côté d’Anet, à Sorel Moussel.

Mon sang ne fait qu’un tour, mes jambes se ramollissent et je cherche une chaise pour m’assoir… Sorel Moussel, là où nous avons acheté l’Orangerie d’un château, Vincent et moi dans les années 80, dans laquelle nous nous sommes mariés, où notre fils a fait ses premiers pas, que nous avons imaginés en centre d’art ou salle de spectacle ou de bal et le refuge de tous nos week-end car nous habitions Montmartre à l’époque…Lieu de fêtes et de rencontres…

« Mais où dans Sorel Moussel? ». Dans l’ancienne usine de papier Firmin Didot le long de l’Eure, sur la route de Croth, sur le site d’un ancien moulin.

Cette papeterie, nous l’avions visitée de fond en comble. Désaffectée elle commençait à tomber en ruine et nous avons élaboré 1000 projets de rénovation,

les projets nourrissant notre imaginaire de jeune couple.

Une fois remise de ma surprise, je lui demande de me montrer son travail sur internet, la simple géolocalisation de son atelier n’étant pas suffisante….

bien que terriblement surprenante et troublante.

J’étais prête à mettre de côté mon esprit critique et à trouver son travail intéressant quelqu’il soit mais, ce jour là, les planètes étaient alignées et je découvrais une peinture sensible, lumineuse, forte, narrative, des histoires de paysages, de végétaux, de fougères et de haies, d’arbres et de portraits. Tout un univers généreux, vivants, harmonieux.…

Elle cochait toutes les cases!! J’étais emballée!

Je finis par lui demander: « Comment vous appelez-vous? » Elle me répondit: « Catherine Van den Steen ».